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Citations attribuables

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Toutes les citations sont attribuables à Dr Thami Croeser, urbaniste et chercheur au RMIT Centre for Urban Research.


Impact humain

« Nous sommes face à une défaillance structurelle aiguë de l’urbanisme, qui laisse des millions de personnes totalement sans protection dans leur propre domicile. Les données montrent que 99 % des logements d’une grande ville comme Paris ou Madrid ne disposent tout simplement pas du minimum d’ombrage nécessaire pour traverser une canicule moderne en sécurité. Lorsqu’une vague de chaleur sévère frappe, un beau parc trois rues plus loin est trop éloigné pour aider un immeuble cerné de goudron brûlant. »

Un grave enjeu d’équité

« Les canicules ne font pas de discrimination, mais nos infrastructures urbaines, si. Dans chaque ville où nous avons pu obtenir des données de chaleur et de revenus — 11 de nos 21 villes —, les données révèlent une tendance brutale : les quartiers les plus pauvres ont systématiquement moins de canopée et sont exposés aux températures les plus élevées. L’ombre urbaine est devenue de fait un bien de luxe, et c’est la santé publique qui en paie le prix. »

L’ombre doit être proche du domicile pour protéger

« Nous avons cartographié 3,8 millions de bâtiments à l’échelle hyper-locale d’un rayon de 60 mètres, parce que c’est la zone critique où les arbres protègent réellement la santé humaine. Les moyennes de canopée à l’échelle d’une ville masquent un déficit dangereux. Si vous n’avez pas de couvert arboré dans un rayon de 60 mètres autour de votre porte, l’effet rafraîchissant est pratiquement nul. »

Un enjeu générationnel

« La réalité brutale de la foresterie urbaine, c’est qu’un arbre planté aujourd’hui ne fera pas d’ombre à un bâtiment avant vingt ans. Les canicules catastrophiques qui écrasent l’Europe en ce moment ont été scellées quand des arbres n’ont pas été plantés en nombre suffisant il y a une génération. Chaque arbre mature que nous abattons ou que nous ne parvenons pas à entretenir est totalement irremplaçable dans tout horizon temporel qui compte pour la survie humaine. »

Ce que nous pouvons faire

« Si nous voulons empêcher nos villes de devenir des pièges mortels à chaleur, les urbanistes, les concepteurs, les ingénieurs et les forestiers doivent franchir trois obstacles fondamentaux : les arbres doivent être plantés à proximité des lieux de vie, ils doivent disposer du volume de sol et de l’eau nécessaires pour prospérer au lieu d’être étouffés dans des fosses en asphalte, et nous devons protéger juridiquement les canopées matures dont nous disposons. Aujourd’hui, la plupart des grandes villes échouent sur ces trois fronts. »

Ce n’est pas un problème d’espace ni de densité

« Depuis des années, l’excuse était qu’on ne peut pas avoir d’arbres parce que nos villes doivent être denses et qu’il n’y a pas de place. Même cette étude rapide montre à quel point cette hypothèse est fragile. Quand on compare des quartiers de densité urbaine identique, ceux qui ont conservé leurs arbres matures sont jusqu’à 10 degrés plus frais que les points chauds voisins. Ce n’est pas la densité qui tue ici — c’est la priorité donnée au béton. »

 

RMIT Centre for Urban Research
Unpublished analysis by Dr Thami Croeser, June 2026